Le Centaure de César

Place Michel Debré, 75006 Paris
Création : 1983/1985

A l’intersection des rues de Sèvres et du Cherche-Midi, se dresse une impressionnante figure, mi-homme, mi-cheval. Ce centaure est l’œuvre du sculpteur César, connu pour ses compressions et auteur notamment du trophée récompensant chaque année les meilleures productions cinématographiques françaises.

Centaure de César
Photo : Œil de verre (Flickr) / Licence CC BY-NC-ND 2.0

Le cheval et l’homme s’effacent devant la machine

César nourrissait une passion pour les chevaux, mais soulignait aussi que le XXème siècle était le premier siècle où l’on se passait d’eux. Au cours de ce siècle, les voitures et les machines ont en effet pris la place de l’animal. Le centaure illustre ce thème : sa peau s’efface par endroit, laissant apparaître des plaques de métal, des écrous ou des engrenages.

Le sculpteur a probablement voulu montrer que ce remplacement nous menace aussi. En effet, le métal est aussi très présent dans la partie humaine du centaure et sa posture semble très mécanique.

Centaure de César, vue rapprochée
Photo : Œil de verre (Flickr) / Licence CC BY-NC-ND 2.0

Hommage à Picasso

La sculpture est aussi un hommage à Picasso, décédé en 1973, soit 10 ans avant que César ne commence à travailler sur cette statue. Ainsi, si le visage du centaure est un autoportrait de César, un masque à l’effigie de Picasso, dirigé vers le ciel, est relié à celui-ci par des tiges.

L’artiste espagnol s’était passionné pour le mythe du Minotaure, une image inversée du centaure (tête de cheval, corps d’homme). Un certain nombre de symboles plus ou moins cachés émaillent également la statue et renvoient aux idéaux pour lesquels Picasso a combattu. Il y a bien sûr la colombe dans la main du centaure, mais aussi les lauriers à l’arrière de sa tête, et même une petite statue de la liberté cachée dans sa cuirasse.

Preuve de l’importance de cette sculpture pour César, une reproduction est également visible sur la tombe de l’artiste au cimetière Montparnasse.

Photo : Bixentro (Flickr) / Licence CC BY 2.0

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